17. Le coût de la richesse

Et hop, une nouvelle affiche dans les rues le lundi 29 juin ! J’espère que cette fois personne ne se prendra l’envie de la déchirer, parce qu’avec l’inflation et tout, ça me revient encore plus cher que la première !

  • Une petite minute, tu comptes vraiment revenir après deux ans de silence comme si de rien n’était ?
  • Et pourquoi pas, Sarah-Honnête ? C’est mon blog après tout !
  • Et débuter un article sur la richesse en te plaignant du prix des choses ?!
  • D’accord, Sarah-Militante, ce n’était peut-être pas très adroit, mais c’est difficile de trouver une bonne accroche !
  • Rédige au moins une petite intro pour les gens ! Personne ne se souvient plus de nous, on va passer pour des folles.

Tu as raison, Sarah-Sociale, l’immense majorité des visiteurs n’ont jamais lu le reste du blog et risque d’être complètement perdue. Alors c’est parti pour une brève présentation !

Bonjour à vous, chère personne lambda ! Vous venez sans doute de tomber sur une affiche légèrement perturbante dans la rue. Ici, c’est mon blog, un espace bienveillant de libre expression dans lequel moi et les différentes Sarah parlons de tout et de rien. Les articles ont un ordre de lecture, bien que ce soit juste un conseil et aucunement une obligation. N’hésitez pas à me contacter.

  • C’est du copier-coller de l’article 14 !
  • Ça s’appelle du recyclage ! Maintenant silence !

L’idée de cet article me trotte dans la tête depuis un bon moment. Mais le sujet est tellement vaste qu’il en est effrayant, rendant difficile le choix d’une approche. Impossible de le traiter entièrement sans écrire un roman. Alors essayons de commencer par le commencement, voulez-vous ?

Je suis riche, tu es riche, sommes-nous riches ?

Quand j’étais petite, j’aimais lire les histoires de Picsou, Donald et ses neveux, Rifi, Fifi et Loulou. L’une d’entre elles (A Financial Fable, Carl Barks, 1951) m’avait particulièrement marquée : une tornade aspirait tout l’argent de l’Oncle Picsou pour le distribuer à travers le pays. Soudain, tout le monde se retrouvait riche. Donald, que les vents avaient gratifié d’un beau monticule de pièces et de billets, décidait d’aller faire le tour du monde avec ses neveux. Problème : l’agence de voyages était fermée, le personnel s’étant absenté pour cause de… tour du monde. L’aéroport était zone morte et les avions cloués au sol, pour cause de tour du monde. Les stations-service, les restaurants, les autres commerces et même les hôpitaux étaient complètement vides, et vous en devinez bien sûr la raison : pour cause de tour du monde.

C’est à ce moment que j’ai compris que si tout le monde devenait riche, plus personne ne l’était vraiment. Et si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de cet article avant d’arrêter sa lecture car elle vous ennuie, c’est la déduction logique suivante : la richesse est une notion relative qui nécessite une pauvreté équivalente.

La richesse est une inégalité par nature : être riche implique que d’autres ne le soient pas.

Est-ce acceptable ? Je suis intimement convaincue que non. Comme je l’ai déjà exprimé dans de précédents articles, le premier but d’une société devrait être de permettre et de favoriser l’entraide, de former un rempart à la violence, la douleur, la faim et les autres angoisses de première nécessité, afin que tout un chacun puisse, malgré les handicaps, les accidents, les aléas du destin et la loterie du lieu et des conditions de naissance, mener une existence décente et remplie d’un sens qui dépasse celui de la simple survie.

Avec un tel point de vue, la richesse, ou l’accaparement de richesse, est un problème. Un énorme et gigantesque problème. Vous n’êtes sans doute pas de mon avis, les sondages et les résultats des votations le montrent. J’aimerais quand même essayer de vous faire réfléchir. Non pas à travers les aspects techniques du fonctionnement de notre économie (flux monétaires, inflation, fiscalité, régulation, des trucs chiants), mais en vous apportant mon point de vue, étayé et sourcé car tout a déjà été dit ou écrit cent fois par des gens bien plus brillants que moi, sur les principaux mythes qui peuplent notre imaginaire actuel, et légitimisent l’ogre des inégalités qui ne cesse de croître, alimenté par la détresse sociale.

Les chiffres derrière l’affiche : pour l’année 2025, en Europe, 93 millions de personnes étaient concernées par la pauvreté (lien), pour 470 milliardaires (lien), soit approximativement 200’000 pauvres par milliardaire. Au niveau mondial, c’est pire : 45% de la population (3.7 milliards de personnes) sont concernées par la pauvreté et vivent avec moins de 8$ par jours (lien) pour 3028 milliardaires (lien), soit 1.2 million de pauvres par milliardaires. Nous sommes d’accord que ces calculs n’ont pas de véritable utilité sinon de caricaturer des inégalités violentes et d’imager, à l’aide de ces résultats abstraits, ce qu’implique l’existence de personnes riches et ultrariches.

Alors bien sûr, la pauvreté dans le monde a été divisée par quatre depuis les années 90, et nous devons nous en réjouir sincèrement. Je vous invite cependant à jouer avec le graphique interactif du site ourworldindata.org/poverty, qui permet de nuancer ces résultats spectaculaires, car :

  1. C’est surtout la chute de l’extrême pauvreté (3$/jour) qui permet d’avoir une moyenne aussi encourageante ;
  2. La situation de la masse anonyme qui ne fait pas partie des extrêmes en haut ou en bas de la distribution de richesse (30$/jour), n’a pas vraiment bougé ;
  3. Les progrès se sont arrêtés depuis 2020, avec un nivellement global en direction du bas, vers une pauvreté « légère » : celle-ci augmente à un rythme beaucoup plus rapide que l’enrichissement. Les inégalités se creusent.

J’ai tout de même conscience de faire partie des privilégiés, de vivre dans un pays « riche », d’avoir pu faire les études que je voulais, d’exercer un travail qui me plaît, de pouvoir aller chez le dentiste, bref, d’être du (très) mince et bon côté des statistiques. Cela ne rend pas mon analyse fausse pour autant.

Mériter d’être riche, mériter d’être pauvre

Je vous propose de débuter par le populaire et largement vanté, tant par des personnes à succès que par des influenceurs en quête de gloire, mythe de la méritocratie.

Ceux qui réussissent le mérite et les efforts, le travail acharné, le talent, la sueur et le sang sont récompensés par le succès, par la richesse, alors retroussez vos manches et bougez-vous le popotin pour obtenir ce qui vous revient de droit en vertu de votre statut d’humain fort et fier, prédateur apex au summum de l’évolution régnant en maître incontesté sur le canevas de votre future gloire qu’est la planète Te…

  • – Eh oh ! On est toujours sur de l’ironie ou tu vas ensuite nous proposer des formations de coaching ?
  • Pardon Sarah-Militante, j’ai été accidentellement contaminée par les discours toxiques que je cherchais justement à condamner. Merci pour ce recadrage, je vais mieux maintenant.

Bref, mon avis est que tout ça n’est qu’un beau ramassis de sornettes 💩.

Déjà parce que les success-stories portent bien leur nom, ce sont des histoires, remaniées, romancées, simplifiées pour offrir un récit alléchant et souvent similaire : partis de rien, des gens ordinaires parviennent au sommet à la seule force de leur talent et de leur volonté. Sauf qu’Apple, par exemple, est née grâce aux ressources de Hewlett-Packard, Microsoft grâce à celles de MITS et IBM, et que même le très polémique Elon Musk a eu la chance de bénéficier de la fortune familiale et du travail collectif de nombreuses personnes de l’ombre dans ses projets. En témoigne d’ailleurs l’excellent documentaire de France TV sur le personnage : La fabrique du mensonge : Elon Musk : la conquête du pouvoir en 80 000 tweets.

Attention, je ne remets pas en cause l’existence du talent, la capacité d’une personne à voir au delà de ce qui existe, à connecter différentes idées pour aboutir à une révolution. Simplement, ces fables occultent deux aspects importants du succès : il s’agit toujours d’une construction collective, et le hasard ou la chance (d’être par exemple au bon endroit, au bon moment) est déterminant.

Plus grave encore, et beaucoup plus pernicieux, la face cachée de la méritocratie suppose que ceux qui ne connaissent pas le succès, qui échouent, qui n’arrivent pas ou qui sont forcés de baisser les bras, ne le méritent tout simplement pas. Tant pis pour la loterie de votre lieu de naissance, de votre brassage génétique, du timing de vos idées, des proches que vous devez aider, de votre réticence humaine et altruiste à écraser les autres pour vous hisser plus haut.

C’est une vision extrêmement brutale, violente et verticale de la société. C’est une vision dont vous devriez avoir peur, car rappelez-vous qu’il est impossible que tout le monde devienne riche, que tout le monde devienne autoentrepreneur, CEO ou coach de vie à Dubaï. Un monde qui fonctionne au mérite est une pyramide, et je ne sais pas si vous avez déjà été en Égypte, mais plus on s’approche du sommet, plus c’est étroit. Il n’y a donc pratiquement aucune chance pour que vous fassiez un jour partie des « gagnants ». Et plus les inégalités se creusent, plus les « perdants », vous et moi, vos proches, amis et enfants, bref, la base large de la pyramide, perdrons.

J’en ai terminé sur ce thème car mon article menace déjà d’être beaucoup trop long, Sarah-Sociale perdant toute capacité d’attention quand un contenu dépasse la durée d’un Reel. Pour approfondir, je vous recommande vivement le travail aussi soigné que pointu de Salomé Saqé pour le média BLAST:

Il est temps de passer au mythe suivant ➡️!

La pluie termine généralement dans les égouts

La théorie du ruissellement, vous connaissez ? Permettre l’enrichissement (privé ou commercial), et son maintient à travers le temps, profitent à l’ensemble de la société car cet argent est ensuite réinjecté, réinvesti, et finit miraculeusement par ruisseler aussi sur vous. Elle sert à justifier des baisses d’impôts (essentiellement pour les grandes fortunes et les grandes entreprises), et de nombreuses dérégulations.

Sauf que cela ne fonctionne pas. Ce mythe, fortement popularisé dans les années 1980 dans le monde anglo-saxon, puis repris par la suite en Europe, repose sur une démonstration douteuse et non vérifiée. La réalité est que les riches n’investissent pas spécialement dans leur pays de résidence ni dans l’économie réelle, mais utilisent plutôt l’actionnariat (marchés boursiers ou capitaux privés) pour obtenir et garder le contrôle des moteurs de la croissance (les entreprises) via des montages (holdings, trusts) leur évitant pratiquement toute forme d’impôt et assurant donc une étanchéité parfaite de leur patrimoine.

Je ne vais pas développer moi-même tout ça, il existe déjà pas mal d’articles reprenant des études du FMI et de l’OCDE (Bilan en 2022, Nouvel Obs en 2020) et si vous êtes pressés, je vous recommande l’excellente et courte vidéo du Monde qui résume le sujet beaucoup mieux que je ne pourrai jamais le faire moi-même :

Pour faire simple, quasi rien ne ruisselle. Et puis franchement, cette métaphore est-elle vraiment positive ? Que ressentez-vous à l’idée de n’avoir que les eaux usées de la croissance, captée avant tout par ceux déjà très bien nantis par la détention de l’essentiel des parts des entreprises qui en sont à l’origine ?

Berk 🤮.

Impôt, héritage et justice

Nous arrivons à présent au coeur du sujet, l’aspect qui a fait le plus de bruit ces derniers mois en Suisse (Les Suisses balaient l’initiative sur la taxation des gros héritages) comme en France (La taxe Zucman sur les hautes fortunes a été rejetée par l’Assemblée nationale française) : l’impôt.

  • Tu veux faire fuir les gens ? Personne n’aime les impôts, ni en parler, ni les payer !
  • Tu exagères, Sarah-Honnête, c’est un chapitre hyper important !
  • On s’en fiche ! Ajoute de l’humour, ou Sarah-Sociale dépose une motion de censure.

D’accord, de l’humour. Je vais laisser Sarah-Fun écrire le paragraphe suivant. Nous savons toutes que c’est une très mauvaise idée, aussi n’oubliez pas que c’est entièrement de votre faute. C’est parti.

« Salut tout le monde ! Alors c’est l’histoire de Toto qui, après un master en finance réussi avec les honneurs, décroche un premier boulot au service comptabilité d’une régie immobilière. En parallèle, Gugus, son camarade d’études, gratifié à sa naissance par ses parents d’un compte épargne de dix-huit millions de francs investis dans un panel de fonds sectoriels, lance sa marque de tisane disruptive, avec comme logo ses propres fesses sortant d’un jacuzzi. Toto travaille dur, rentre tard le soir, se nourrit de pizza et de sédentarité, et a bon espoir de pouvoir annoncer au prochain Noël en famille avoir été promu et augmenté. Le temps passe, Gugus liquide son entreprise dont il fut le seul client (il voulait tester le site web), mais ce n’est pas très grave car ses dix-huit millions investis trois décennies plus tôt en valent à présent quarante. Il rachète la régie dans laquelle travaille Toto et lance un vaste plan de réduction des coûts pour maximiser les bénéfices. Toto perd son emploi et se retrouve au chômage. Il renonce à faire soigner une carie car les soins dentaires ne sont pas couverts par son assurance. L’infection finit par gagner la gencive puis la circulation sanguine et Toto meurt de rares complications cardiaques à trente-cinq ans. Gugus, lui, voit sa fortune gonfler chaque année et continue d’investir. Ses futurs enfants, qui ne sont même pas nés, sont déjà multimillionnaires. Poum-doum-tsheee ! Fin de l’histoire, merci de m’avoir lue, à bientôt 🤡 ! »

  • Bon sang, Sarah-Fun, mais comme elle est glauque cette histoire ! Merci l’ambiance, hein !
  • C’est de l’humour noir ! Je m’essaie à de nouveaux registres. Et puis l’important, c’est la morale derrière.

La morale, la morale, facile à dire. Bon, pour résumer grossièrement, deux personnes qui « semblent » partir avec des chances égales (lieu de naissance et parcours scolaire identique) n’auront pas du tout les mêmes trajectoires, car les dés sont en réalité pipés. Et c’est là le dernier mythe que je voudrais démolir : devenir riche sans l’être déjà à l’origine est extrêmement difficile, il s’agit presque d’une anomalie.

Car il faut vous représenter la richesse comme un incendie, via l’investissement sa croissance est exponentielle, sa taille lui donne un élan, une force lui permettant de s’étendre toujours davantage pour finir par être inarrêtable et dévorer toute concurrence. Dans nos sociétés actuelles, il n’existe que deux mécanismes pour stopper le phénomène, ou à minima le freiner.

Le premier, c’est l’erreur. Miser une trop grande part de sa fortune sur un unique mauvais investissement, ou enchaîner de nombreux mauvais investissements peut casser cette dynamique et ruiner un patrimoine.

Le second, vous l’avez bien sûr deviné, c’est l’impôt, un peu à l’image de grands arbres que l’on élague pour ne pas nuire aux plus petits. Concrètement, il s’agit de taxer les revenus et les patrimoines durant la vie des personnes fortunées, puis de taxer la transmission de ces patrimoines quand survient un décès (ou un don), afin de casser cet effet boule de neige qui, comme expliqué plus haut, est néfaste à nos sociétés.

Et le problème, bien sûr, est que ces deux mécanismes ne sont pas efficaces. Les erreurs restent rares, grâce à la pléthore de conseillers financiers (gérants de fortunes, family office, banques privées) qui accompagnent et conseillent les grandes fortunes.

Et ces mêmes conseillers, rodés dans l’art de l’optimisation fiscale et s’appuyant sur plusieurs décennies de changements législatifs favorables aux riches, sont à même de mettre en oeuvre pour leurs clients des solutions parfaitement légales pour réduire, voir éviter, les impôts sur le revenu, la possession de fortune et sa transmission. Car quand on a de l’argent, on peut financer des campagnes politiques, acheter des médias (journaux, radios, éditeurs, chaînes de télévision), et avoir une influence notable et égoïste sur l’évolution des lois qui gouvernent nos sociétés.

Résultat, plus rien ne limite la croissance des grands arbres, qui finissent par monter tellement haut qu’ils capturent toute la lumière, asphyxiant ce qui se trouve en dessous.

Il serait pourtant normal que les mieux nantis, les plus chanceux d’un point de vue financier, ceux pour qui les impôts ne sont pas une dépense concurrente au logement, à la santé ou à la nourriture, soient également ceux qui contribuent le plus à notre société. Ce n’est pas le cas, et ce n’est pas juste.

Ironie terrible, l’introduction d’un nouvel impôt ou l’augmentation d’un impôt existant est honni par toutes les catégories de population, même celles qui, loin d’être éligible à le payer, en bénéficierait par le financement de services publics (santé, éducation, recherche, infrastructure, transport, sécurité, sport, culture, justice, retraite, aide sociale) permis par ces rentrées d’argent. Pourquoi ? Peut-être parce que beaucoup de gens s’accrochent à l’idée qu’eux aussi, un jour, seront riches (cruelle illusion). Mais aussi parce qu’il est difficile de consentir à des efforts quand les personnes plus chanceuses que nous en font moins, voire pas du tout. Ce dernier point s’applique également à l’écologie 🌱.

Je vais m’arrêter là, mais je vous laisse avec quelques articles qui creusent davantage ce sujet complexe et déterminant pour notre avenir :

Et parce que je suis d’humeur généreuse, un podcast et trois vidéos :

Conclusion et avenir

Si l’on résume : il est impossible d’être tous riches dans un monde aux ressources finies, la notion de mérite est au mieux une illusion et au pire un mensonge, attirer des personnes très fortunées par une faible imposition ne profite pas vraiment au reste de la société et si vous n’êtes pas nés riches, les chances de le devenir un jour sont infimes car ceux qui le sont déjà captent l’essentiel des bénéfices de la croissance par l’actionnariat privé ou public des entreprises. La richesse attire la richesse.

Pire : les dépenses publiques (à savoir les impôts) sont combattues tant par les riches qui ont largement les moyens de les financer mais estiment de pas en avoir besoin, que par les pauvres qui pourtant n’en tireraient que du positif. Résultat : écoles, hôpitaux, entretien des ponts, fonctionnement de la justice, bref, tout ce que notre société peut nous offrir, sont sous tension et ce sont les plus vulnérables qui trinquent.

Conséquence : l’argent, qui sert normalement de carburant au fonctionnement de nos sociétés, de fluide pour ses rouages, de mécanisme d’allocation des ressources entre les différents humains, se retrouve concentré dans une minorité de mains qui, par peur de le perdre, font absolument tout pour le conserver, quitte à détruire le tissu social, à phagocyter les services publics. L’avènement d’une seule personne riche est synonyme d’appauvrissement pour des milliers d’autres.

  • Hey, on a pas parlé du G7 !
  • Ni de Marc !
  • Ni du Kurdistan !
  • Ni de notre nouvelle recette de quinoa bowl à la mangue pour affronter la canicule sans renoncer au plaisir !
  • C’est pas la priorité ! On est là pour faire réfléchir, pour faire bouger le monde !
  • Il faudrait quand même terminer sur une note plus personnelle, à quoi bon le blog sinon ?

Très bien, je vais alors vous partager sans aucun filtre le fond de ma pensée : je crois fermement que si la richesse, si la possibilité d’être riche, cessait d’exister par un système fiscal efficace, progressif, imparable et universel, rendant par exemple dans les faits impossible de posséder une fortune supérieure à un million de francs, un très grand nombre des maux de notre monde (guerres, petites et grandes violences, narcotrafic, corruptions, fraudes, famines) s’éteindraient mécaniquement. Je crois fermement que ce même système fiscal devrait aussi capter l’essentiel de la croissance et des profits générés par les moteurs de l’économie et du progrès, à savoir les entreprises, afin d’en faire bénéficier la société entière et de permettre à tout le monde, absolument tout le monde et pas juste les actionnaires, de s’éloigner définitivement du gouffre de la misère et de la pauvreté.

Combien de temps allons-nous encore accepter collectivement que le prix d’un nouveau milliardaire soit que des centaines de milliers d’autres s’enfoncent dans la boue ? Pourquoi continuons-nous de croire que les baisses d’impôts, les facilités fiscales accordées aux entreprises et aux gens puissants, la réduction des dépenses publiques, nous sont profitables ? Pourquoi votons-nous et pensons-nous comme des riches alors que nous le ne seront probablement jamais ?

Du coup, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On crame tout ? Non ! On vote, pardi ! On vote pour celles et ceux qui soutiennent un état présent, égalitaire et bienveillant, un impôt juste et progressif sans niches fiscales, sans failles, sans possibilités d’optimisation. On fait marcher sa tête, on réfléchit et on en parle autour de soi, avec ses amis, ses collègues, sa famille, on lance en plein dîner un débat du genre « Trouvez-vous normal qu’un seul humain puisse posséder un milliard de francs ? ».

Enfin, on se méfie des discours plaisant, des solutions miraculeuses, des promesses des politiciens en regardant qui en est vraiment à l’origine, car si cette origine cache des personnes riches et puissantes, et que vous ne l’êtes pas, il s’agit à coup sûr d’un piège, et leur accorder votre confiance, leur donner votre vote, vous portera tôt ou tard préjudice à vous, ainsi qu’à toutes les personnes qui vous sont chères.

P.-S. – Aux personnes fortunées qui me lisent et se sentent contrariées, convaincues d’être « persécutées » et « saignées » pour permettre aux « profiteurs » de se tourner les pouces, j’ai une bonne nouvelle : selon votre logique tordue, il existe une solution à la fois simple et facile pour ne plus jamais craindre une politique fiscale et passer le reste de votre existence dans la sérénité de « l’assistanat » étatique : devenez pauvre !

Un avis sur « 17. Le coût de la richesse »

  1. Alors là, je dis BRAVO ! On en aurait besoin tous les jours, des affiches comme celle-là … aussi bien pour l’hygiène individuelle que pour un vrai débat public, sur le fond du fond, du problème.

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