14. Sacrée interprétation

Elle n’est pas belle, cette affiche, hein ? Après plus d’un an d’absence, Sarah revient en force pour… Oui ? Oulah, je vois que ça s’agite chez les différentes Sarah. Que se passe-t-il, mes chères ?

  • MAIS T’ES COMPLÈTEMENT TIMBRÉE ?!
  • Sarah-Prudente, ne commence pas s’il te plaît !
  • Waouh, quelle audace, bien joué !
  • Merci, Sarah-Militante, c’est gentil.
  • Attendez, j’ai pas tout suivi, c’est nous ces affiches dans la rue ? La couleur m’évoque surtout un coulis de framb…
  • Un an d’absence et tu ne parles pas de Marc ? Il s’est passé tellement de choses ! Comme la fameuse soir…
  • Du calme, cet article est spécial, il faut que l’on reste concentrées sur le sujet sinon les gens ne vont rien com…
  • JE TE SIGNALE QUE LES GENS, ILS SAVENT DÉSORMAIS OÙ ON HABITE ! C’EST UNE CATASTROPHE !

D’accord, d’accord ! Je vois qu’il est impossible de faire comme si de rien n’était, j’ai pigé, c’est bon ! Certaines choses ne changeront jamais, hein, même après un an ! Bon, alors on reprend les bases.

Une Sarah, Des Sarah, Un blog

Bonjour à vous, chère personne lambda ! Vous venez sans doute de tomber sur une affiche légèrement perturbante dans la rue. Ici, c’est mon blog, un espace bienveillant de libre expression dans lequel moi et les différentes Sarah parlons de tout et de rien. Les articles ont un ordre de lecture, bien que ce soit juste un conseil et aucunement une obligation. N’hésitez pas à me contacter.

L’article que vous lisez en ce moment est particulier, dans le sens où c’est la première fois que j’en fais une promotion physique, ce qui ancre par la force des choses mon blog dans la ville de Genève, en Suisse. Il est le fruit de mon malaise de plus en plus prononcé face aux campagnes d’affichage de citations bibliques qui se multiplient dans différentes villes de Suisse depuis plusieurs années. En un sens, mes affiches framboises sont une réponse à celles bleues et jaunes que nous avons toutes et tous pris l’habitude de voir.

Nous allons parler dans cet article de la toxicité que représente, selon moi, la combinaison des notions d’interprétation et de sacré, un problème qui explique en partie pourquoi je ne suis pas une grande fan des religions. Puis, je reviendrai plus en détail sur mes affiches et les raisons qui m’ont poussée à me lancer dans cette entreprise saugrenue.

Il est très important de préciser que toutes les religions sont pour moi au même niveau, qu’aucune n’est meilleure ni pire qu’une autre, et que mes critiques (celle-ci, mais également d’autres) visent toujours les croyances et leurs structures, mais jamais les croyants eux-mêmes.

J’espère que cette introduction vous convient, et que les différentes Sarah sont maintenant rassurées.

  • BOUCLEZ LES VALISES ! ON EMPORTE LE STRICT MINIMUM ! JE TERMINE LA RÉSERVATION D’UN VOL GENÈVE-PÉKIN !
  • Et notre mari alors ? Il est même au courant !
  • ON S’EN FOUT ! DE TOUTE FAÇON IL AIME PAS l’AVION !
  • On pourrait proposer à Marc de venir avec nous et de partagez une suite romantique dans le plus bel hôtel de…

Votre soutien me va droit au coeur, maintenant laissez-moi travailler !

J’interprète, tu interprètes…

Commençons par le commencement. Je ne suis pas et n’ai jamais été croyante. La réponse la plus simple et la plus honnête que je puisse donner quand on me demande « pourquoi » est peut-être que je n’en ai jamais ressenti le besoin.

À mes yeux, les textes fondateurs des différentes religions (les trois monothéistes actuelles, mais également les autres) sont à classer dans le même registre que L’Iliade d’Homère et son récit de la Guerre de Troie, la Légende du Roi Arthur, les contes des Mille et Une Nuits ou encore l’Atlantide de Platon. Ce sont de beaux récits fortement imbriqués dans nos cultures qui peuvent mêler de lointaines bases historiques déformées avec de grandes doses de fiction et d’extraordinaire. En bref, ce sont des oeuvres littéraires, souvent millénaires, qui ont laissé leur trace sur une partie de l’humanité (je doute que l’épopée du Roi Arthur ait résonné chez les Inuits en Arctique ou chez les Peuls d’Afrique de l’Ouest).

Et comme toutes les oeuvres littéraires, elles sont solidement ancrées dans une période temporelle bien précise, subissant lentement les affres du temps qui passe. Je me souviens par exemple d’avoir lu Tristan et Iseut quelque part durant mes études, et de l’avoir trouvé affreusement daté. Certes, quelques grands principes moraux demeurent, mais la vie des personnages, leurs actions et leurs préoccupations, semblent appartenir à une lointaine époque révolue. Ce qui est le cas, soit dit en passant.

En classe, le prof de français se livrait donc à une interprétation de haute voltige du texte pour essayer d’en faire un parallèle avec le monde d’aujourd’hui. Après avoir compris que chacun pouvait produire sa propre interprétation du récit, j’ai fini par trouver le résultat, pour le dire poliment, atrocement subjectif.

  • En parlant d’interprétation, Sarah-Curieuse voudrait savoir ce que tu penses de la remarque de Mireille sur ta jupe ce matin ?
  • Je choisis d’interpréter ça comme un compliment !
  • Tu parles de subjectivité…

J’entrevois le même numéro d’équilibriste dans l’interprétation des textes religieux. Forcément, ils ont vieilli, et la majorité de leur contenu n’a plus aucun rapport avec la vie que nous menons dans nos sociétés, exception faite de quelques bribes de sagesse universelle que ces textes n’ont ni inventées, ni sublimées. L’amour, le pardon, l’héroïsme ou les châtiments divins sont professés depuis plus de cinquante mille ans (oui, vous avez bien lu, cinq cents siècles avant notre ère).

Du coup, des vies religieuses entières ont été consacrées (qui a dit gâchées ?) à l’interprétation sans fin des mêmes récits, des mêmes chapitres, parfois des mêmes phrases, génération après génération, siècle après siècle, dans le but de faire coller tout ça avec les besoins du moment.

Où se trouve la science, dans ces textes poussiéreux ? Les médicaments ? L’existence d’autres mondes tournant autour d’autres étoiles ? Internet ? La génétique ? Le fait qu’il existe plus de trois cent mille espèces de coléoptères décrites ? Que la vie sur terre est restée strictement unicellulaire pendant plus de deux milliards d’années et qu’on en trouve encore des traces aujourd’hui ? Que la sexualité humaine n’est ni un standard, ni un modèle particulièrement répandu quand on la compare à l’immense diversité du monde animal ?

« Les poissons-clowns sont des hermaphrodites successifs comme cela existe dans plusieurs familles de poissons, c’est-à-dire d’abord mâles puis femelles. »

Page Wikipedia d’une espèce animale manifestement oubliée par l’ensemble des livres sacrés

Cherchez bien, répondraient sûrement les auteurs des affiches bleues et jaunes, c’est caché entre les lettres. Toutes les réponses, à toutes vos questions, sont là sous une forme ou une autre, il s’agit simplement de faire preuve d’imagination, d’abstraction.

Il est nécessaire de lire à travers les métaphores, les allégories, de décrypter les paraboles, bref : d’interpréter.

L’interprétation n’est pas bien grave quand il s’agit d’un roman étudié à l’école. Ça le devient par contre nettement plus quand l’oeuvre en question est propulsée, de gré ou de force, comme une vérité absolue destinée à servir de modèle sociétal. Restez avec moi, nous arrivons à la deuxième composante du problème.

Problème sacré, ou sacré problème ?

Un lecteur malin pourrait me répondre que les lois qui tissent le squelette de nos sociétés font également l’objet d’interprétation quasi permanente de la part des juges, des avocats et des autres acteurs du droit. Ce lecteur aurait tout à fait raison.

La différence, cependant, est que lorsqu’une loi est nécessaire ou souhaitée, on la crée. Lorsqu’elle est jugée archaïque, on la balance à la poubelle. Lorsqu’elle finit par être perçue comme discriminatoire, on la change.

La loi est au service de la société, la loi se plie à notre vision du monde, et non l’inverse.

De la même manière, une lectrice maline pourrait me faire remarquer que la quête de l’Atlantide, que ce soit la recherche de son emplacement perdu ou la déduction d’un hypothétique sens caché, a également mobilisé des vies entières. Cette lectrice aurait également raison. Mais là encore, si certains se sont égarés dans des considérations ésotériques douteuses, ce mythe et la passion qu’il a pu générer n’ont jamais abouti à des violences de grande ampleur.

Car l’Atlantide, tout comme le Code pénal, n’est pas sacrée. Au contraire des textes religieux. C’est même l’une de leurs plus saillantes caractéristiques.

Et le problème, avec le sacré, c’est qu’il tue tout débat, toute possibilité de remise en question. Le sacré est une machine à générer des dogmes hors d’atteinte du moindre questionnement. Accepter cet état de fait, reconnaître un récit, une histoire, un livre comme une vérité intouchable aboutit à une situation inextricable. On voit bien, d’un côté, que la défense de cette soi-disant vérité est scabreuse, périlleuse, souvent maladroite, mais comme de l’autre on a fait le choix de l’accepter comme incontestable, on finit invariablement par s’énerver.

À défendre le sacré envers et contre tout, le seul chemin possible devient l’agressivité.

Je reconnais que l’être humain a un faible pour le sacré. Une sorte d’addiction naturelle, sans doute sélectionnée dans notre évolution pour les avantages qu’elle procure. De par mon parcours, mes études, mon travail, je donne un caractère sacré à certains pans de la science, comme la vaccination. J’ai beaucoup de mal à accepter que quelqu’un remette en question cette formidable avancée médicale.

  • Au sujet de ton travail, combien de mails non lus traînent dans ta boîte de réception en ce moment ?
  • Hein ? De quoi je me mêle d’abord ? Les mails, c’est justement fait pour être traité plus tard !
  • Je voudrais également signaler que le téléphone a sonné déjà deux fois dans le vide ces trente dernières minu…
  • Silence, Sarah-Honnête ! Tu ruines ma concentration !

Face à mes propres défauts, que je reconnais et gère du mieux que je peux, deux remarques me viennent en tête. La première est que douter, c’est un peu comme nager : assez instinctif au début, mais très vite dangereux si on le fait n’importe comment. Le mieux est de se former. La deuxième est qu’une personne qui doute, ou au contraire qui refuse de douter, ne le fait jamais sans raison. Est-ce de la peur ? De la simple curiosité ? Le besoin de se rassurer ? De se sentir supérieur, de contrôler ? Est-ce une réponse à une souffrance interne ? L’aboutissement d’une réflexion objective et pragmatique ou juste un coût de remise en question trop élevé ? Se poser la question du pourquoi une personne agit et pense comme elle le fait, se mettre dans sa peau d’une certaine manière, permet d’apaiser et de faciliter la discussion.

La recette du malheur

Nous avons donc des textes anciens, pas toujours très cohérents car fruit de différents auteurs parfois séparés de plusieurs siècles, et donc demandant des efforts toujours plus grands d’interprétation, que des groupes de gens voudraient considérer non seulement comme sacrés, mais également comme fondation d’une société idéale. À mon sens, c’est le désastre assuré. D’ailleurs, l’histoire des religions n’est-elle pas justement ponctuée de désastres ? De violences et de tragédies ?

Je ne suis pas contre la spiritualité. Je reconnais le besoin de croire en quelque chose de meilleur, en la vie après la mort, en une forme de justice cosmique, je reconnais le réconfort salvateur que peuvent apporter ces croyances dans des moments difficiles comme le deuil. C’est un besoin humain. Mais nos croyances doivent être positives, et non pétries d’interdictions et de dogmes qui servent ensuite d’instrument à des groupes voulant le pouvoir, la domination, l’hégémonie.

Oui, j’ai une très mauvaise image des religions, de toutes les religions. Elles apparaissent pour moi comme des constructions sociales faites par des hommes, pour les hommes (l’usage du masculin n’est ici pas un hasard). Les religions tuent, et je déteste lire ou entendre que le problème n’est pas le livre, mais son mauvais usage, car cette rhétorique ressemble dangereusement à celle utilisée pour justifier la libre circulation des armes à feu. Les religions sont des outils dangereux.

Alors patrimoine culturel important, oui, objet d’étude historique riche d’enseignement sur notre passé et notre civilisation, d’accord, mais une religion, basée sur des textes intouchables auxquels on peut faire dire, avec un peu de mauvaise foi et d’intérêts privés, absolument n’importe quoi, ne devrait jamais servir de socle à une société. Ce n’est tout simplement pas compatible avec l’objectif d’un monde en paix.

La campagne publicitaire

Nous voilà donc au terme de cet article mais au début de l’histoire.

J’ai pris la décision de répondre aux affiches bleues et jaunes, à leurs petites phrases mielleuses, aguicheuses, j’ai même envie de dire trompeuses car sans aucun contexte, lâchées avec une orgueilleuse imprudence comme des roquettes dans la nuit. Elles sont l’oeuvre de l’Agence C, et quinze secondes sur leur site internet suffisent à donner toute sa pertinence à mon article : « Nous sommes convaincus que les textes de la bible sont plus actuels et plus tangibles que jamais » (page d’accueil).

La phrase de ma campagne publicitaire est véridique, tirée du même livre, mot pour mot. Est-elle aussi plus actuelle et tangible que jamais ? Question d’interprétation, je suppose. Vous voyez le problème. Il me faut d’ailleurs préciser que j’ai fait l’effort d’en choisir une pas trop gratinée, car il en existe des biens pires.

Demandez-vous pourquoi cette communauté d’amis de l’église* dépense autant d’argent dans la publicité. À vue de nez, on parle quand même de dix à vingt mille francs Suisses par semaine, juste pour la ville de Genève. Si l’on étend le calcul aux dix plus grandes villes du pays, avec des campagnes de trois mois (fourchette basse), le budget dépasse facilement le million par année.

« prosélytisme (nom masculin) : zèle ardent pour recruter des adeptes, pour tenter d’imposer ses idées. »

Dictionnaire Larousse

Qu’espère cette religion, et toutes les religions d’une manière générale, tirer d’une telle démarche ? De nouveaux fidèles ? De nouvelles âmes à sauver ? Dans quel but ? Par simple gentillesse ? Par altruisme gratuit et désintéressé ?

Je n’y crois pas une seule seconde. Et vous ?

*dans la version originale de cet article, je faisais la supposition raisonnable que l’Agence C était financée, directement ou indirectement, par l’église. Un lecteur avisé m’a fait remarquer dans les commentaires que ce n’était pas le cas, comme en témoigne cet article datant de 2007, et qu’il s’agit plutôt d’un cercle de fidèles très fortunés. Merci à lui pour cette précision importante qui rend encore plus difficile à cerner l’intention derrière ces milliers d’affiches, de bus et de panneaux bleus et jaunes.

4 commentaires sur « 14. Sacrée interprétation »

  1. Je trouve votre démarche intéressante, et j’espère trouver le temps de donner mon avis sur certains points. Néanmoins je voulais quand même pointer une erreur ou disons une forme de « désinformation » (comme on dit de nos jours) que je trouve dommage et entache votre cool démarche. Vous dites :

    « Demandez-vous pourquoi l’église dépense autant d’argent dans la publicité. À vue de nez, on parle quand même de dix à vingt mille francs Suisses par semaine, juste pour la ville de Genève. Si l’on étend le calcul aux dix plus grandes villes du pays, avec des campagnes de trois mois (fourchette basse), le budget dépasse facilement le million par année. Merci les dons et les impôts ecclésiastiques. »

    Sur la page d’accueil de l’agence C (que vous citez d’ailleurs plus haut dans l’article) on peut lire : « Nous sommes l’Agence C, une association et un cercle d’amis – des chrétiens de plusieurs confessions attachés à la Parole de Dieu. » Il ne s’agit pas d’une Église ni d’un groupement d’Églises, mais d’une association de particuliers. Je trouverai honnête dans la démarche de corriger, car à vous lire il y aurait un lien entre impôts ecclésiastique et cette campagne et on pourrait croire que c’est l’Eglise qui finance cette campagne.

    Je fais une suggestion tant que j’y suis 🙂 du coup de modifier le dernier paragraphe avec les questions, dans le sens que ce n’est pas l’Église au sens de l’institution mais bien simplement un groupe d’amis croyants qui utilise leur argent pour cette campagne. La question n’en reste pas moins pertinente.

    Pourquoi une personne croyante utiliserai son argent pour afficher des versets de la Bible ?

    Belle journée!

    Ivan

    1. Bonjour Ivan ! Merci d’avoir osé prendre la parole ici, vous êtes mon premier commentaire public ! Ce que vous soulevez est un point très intéressant.

      D’un côté, il est effectivement juste de distinguer les agissements officiels des églises et ceux de leurs fidèles dévoués, quand bien même l’un fait la promotion et agit dans l’intérêt de l’autre.

      D’un autre côté, on peut légitimement douter qu’un tel effort de guerre soit uniquement financé par un cercle de dévoués, ou alors c’est un cercle de millionnaires. Outre des affiches posées à longueur d’année dans toutes les grandes villes de Suisse, l’Agence C fait aussi rouler des bus ornés de « bonnes paroles ». Ce ne sont pas des amateurs mais des professionnels qui travaillent à une échelle industrielle. On parle quand même de sommes colossales à l’échelle d’individus, et je trouve prudent de supposer que l’Agence C soit soutenue, directement ou indirectement, par l’argent de l’église, sans pour autant tomber dans la paranoïa, la désinformation ou les raccourcis faciles.

      J’apprécie néanmoins votre point de vue et j’ai ajouté une précision à mon paragraphe signalant l’existence d’un avis divergent.

      1. Youpi ! du coup je gagne quoi ?

        Je suis d’accord, votre questionnement sur la source de financement est loin de la paranoïa 🙂 Néanmoins sans vouloir faire le lourd (et promis après j’arrête), concernant l’agence C, ce n’est pas vraiment un avis que j’exprime mais des faits… (le lourd!). Ce sont bien des millionnaires chrétiens qui sont derrière ces actions. Aucune Église ou organisation ecclésiastique ne verse un centime pour ces campagnes. C’est l’action de chrétiens individuels qui utilisent leur argent pour cela. Il y a par exemple au comité Bruno Jordi, qui au delà d’être millionnaire est le patron du groupe Jordi imprimerie (Ouii c’est eux qui fond les affiches !). Parmi les grandes familles qui financent il y a notamment la famille Stucki ou encore la famille André. J’ai trouvé un article qui pourrait vous intéressez même si il date et qui lève un peu le voile. (Spoiler: vous ne serez pas moins révoltée après lecture) https://www.cath.ch/newsf/lyss-l-agence-c-diffuse-ses-versets-bibliques-depuis-deux-decennies/

        On en revient à notre question : pourquoi des chrétiens (fortunés) utiliserai leur argent pour afficher des versets de la Bible dans les rues ? Simplement pour énerver Sarah-Athée ? Pour questionner Sarah-Curieuse? Pour offrir une réponse à Sarah-Révoltée ?

        Encore une fois, très courageuse votre démarche et j’espère que vous en retirerait du positif.

      2. À nouveau merci pour ces précisions et pour l’article déniché, c’est tout simplement fascinant. J’ai modifié le paragraphe en question et ajouté un encart informatif. Je n’ai que des spéculations à répondre à vos questions, et peut-être quelques remarques générales : la religion n’a pas le monopole du réconfort, du partage ou de la vertu. On peut être une bonne personne sans aucune influence ni affiliation religieuse. Il est par contre presque impossible d’être une bonne personne quand on fonde sa vie sur des écrits d’origine tristement humaine, en témoigne la présence saillante de nos qualités comme de nos défauts, et que l’on donne à ces écrits l’intouchabilité du sacré. Mes propos demeurent, la posture d’un croyant est intenable et conduis inévitablement à des disputes, à des schismes, parfois même à des guerres si les enjeux de pouvoir sont immenses, bref, à de l’agressivité.

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